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lundi 30 décembre 2013

Tous chez Margot



                                               Jacques Tati assis dans une université numérique



France culture: Questions d’éthique, 05.12.2013: les MOOCs?: l'enseignement en ligne conduira-t-il à la disparition de l'université? 

       Gilles Babinet , président du Conseil national du numérique, responsable numérique pour la France de la Commission européenne, « digital champion », qui ne doute pas de la réponse affirmative à la question titre de l'émission:


« Pourquoi n’imaginerait-on pas [ une fois la révolution des MOOCs accomplie ] que les universités soient des cafés ? Il y en aurait 5000 en France, cela permettrait aux gens de venir… »
















Le vieux qui ne voulait pas aller sur Face Book et l’imbécile qui savait twitter



                                                 
Hej Jonas Jonasson
     Je  serre  ici une liste de bêtises lues dans le Monde du 26/12/13 où un article nous déclare que « les élites sont débordées par le numérique » : 

Selon l’auteur,  le fait que des gens se mettent à twitter en masse par solidarité avec un bijoutier agressé, ou que des mouvements se produisent sur internet pour défendre telle revendication sont la preuve de « mouvements [sociétaux] d’un nouveau type  qui [révèlent] que, dans leur grande majorité, les élites tombent de l’armoire numérique et ne soupçonnent pas la lame de fond sociétale qui se forme. L’« homo numericus » avance à toute vitesse. Bien plus vite que les gouvernants, institutions et intellectuels, souvent dépassés ». La rapidité des changements numériques laisse les « élites sur la touche ». Elles ne se rendent pas compte qu’elles ont affaire à des « natifs numériques ».

Mais quelles élites ?  Les banquiers, les dirigeants politiques, mais avant tout  les énarques, responsables de la sclérose de la société française. On les imagine déjà acculés sur leur Boulevard Saint Germain comme jadis Tocqueville effrayé par les masses pendant la Révolution de juillet. On cite un « membre du prestigieux Institut universitaire de France, » Dominique Rousseau  -  lequel n’appartient bien entendu pas aux élites en question et dont le titre ne signale aucune autorité -  

« Face à ce nouveau monde, cette élite réagit classiquement : « Elle a été formée à l’idée que la volonté générale ne peut être produite que par elle et non par la société, où il y a trop d’intérêts et de passion. C’est une culture de méfiance des risques de fauteurs de trouble, poursuit-il. Mais la déconnexion n’est pas à sens unique. En bas, la société fonctionne sur elle-même, en réseau. Elle pense, communique sans les élites, invente ses propres règles et se moque de les faire passer par le haut. Le peuple se déconnecte aussi. »  Comme en 68 on s’en prend à cette pseudo élite, celle des professeurs: “Le droit de propriété est remis en cause, le principe même de l’autorité remis en question. Tout cela est déstabilisant pour le corps professoral. C’est souvent parce que l’on pense avoir une autorité que l’on n’écoute plus. Il s’agit d’un véritable défi de formation. » 

Autrement dit: chers profs, écrivez vos textes sur internet et ne vous étonnez pas d’être plagiés, ou de retrouver sans votre consentement vos « œuvres » à télécharger moyennant finance. Professeurs « dépassés » et (dé)confits, ne vous étonnez pas, le jour où on vous remplacera par un Mooc. « Cours, cours camarade, le vieux monde est derrière toi ! »

Bref, un monde nouveau se crée, forcément bon, forcément au service du progrès, qui va faire du balai et mettre les élites au rancart, faisant place à plus de démocratie, une société en réseau guidée par un peuple éclairé, où tout le monde sera un « natif numérique », et où l’autorité disparaîtra, laissant les connectés se gouverner tout seuls et prendre la place des professeurs. On suppose aussi des journalistes. Wow !

Mais quel monde, quand on sait qu’internet laisse sur le bord du chemin numérique les deux tiers de la population mondiale? Quelles élites dépassées quand on en voit d’autres, tout aussi branchées, se constituer sous nos yeux? Quels natifs numériques « nés quelque part » ? Quels connectés super intelligents qui sont prêts à gober sans broncher l’adjectif « humoriste » accolé au nom d’un antisémite médiatique ou à donner crédit à la moindre rumeur? Quelles masses prêtes à bouger au quart de tour sur internet aussi bien que jadis au stade de Nuremberg ? Quelle société civique auto-organisée autour d’une soi-disant démocratie où l’on voterait sur internet comme on choisit déjà Justin Bieber? Quelle autorité distribuée auprès de réseaux manipulés?